

Un témoignage émouvant
J’ai été très touché par cette pièce. Sébastien Barat nous raconte son enfance, avec authenticité et humour. Il donne l’impression d’avoir grandi ensemble. Il nous embarque dans son aventure autour d’une belle rencontre.
Mais je n’en dirai pas plus ! Un témoignage émouvant. On en sort avec le sourire et avec l’amour de la vie.
Un spectacle qui fait du bien
Très beau moment passé à découvrir l’histoire d’un comédien dans sa construction et sa quête de sens. Beaucoup d’humour, de tendresse et d’humanité qui nous donnent envie de découvrir la suite de cette belle histoire.
Un spectacle drôle et touchant !
Le comédien Sébastien Barat nous emmène dans un voyage à travers ses souvenirs d’enfance, on a l’impression d’être avec lui assis à la table du repas de famille, et ça rend d’autant plus touchants les moments qu’il évoque. Il n’oublie pas de raconter tout ça avec beaucoup d’humour et de tendresse, j’ai passé un très beau moment et je recommande vivement de voir ce spectacle unique et authentique !
Pour un vendredi soir parfait
J’ai eu la chance d’assister à la première ! Seul en scène, drôle, touchant.
Un voyage dans les souvenirs et dans le temps ! Une pièce à voir avant de partager un bon dîner ! Une soirée parfaite d’automne-hiver !
Émouvant, drôle et sincère !
Un seul en scène incroyablement émouvant, mélangeant humour et relations familiales ! On sort du spectacle heureux, à ne rater sous aucun prétexte !
Allez, roule ! Allez-y !
Une très belle performance solo toute en subtilité et en sensibilité. Le point de vue d’une personne qui peut résonner en chacun.e de nous, aidé par de belles trouvailles de mise en scène.

Froggy’s delight
Nicolas Arnstam, décembre 2023
« Allez, roule ! », c’est la phrase que lui lançait sa mémé qui le gardait quand elle voulait être tranquille. Dans son seul en scène du même nom, Sébastien Barat retrace avec une sincérité confondante son parcours depuis ses nombreux moments de petit garçon chez mémé et pépé.
Avec une sobriété bienvenue et des moments plus théâtraux que Thierry Bilisko à la mise en scène a su parfaitement doser avec subtilité, Sébastien Barat déroule un rapport très intime et chaleureux au public, une tendre chronique émaillée de souvenirs émouvants ou de détails cocasses.
L’œil malin, le comédien revient sur les années qui ont construit l’homme qu’il est devenu avec un regard à la fois lucide, rieur ou grave sur tous les événements de sa vie. Le tout, en gardant une part d’enfance.
Sa rencontre avec un rescapé d’Auschwitz qui sera déterminante pour lui
est particulièrement poignante. Tout comme le sont les dernières semaines
de sa mémé.
Avec « Allez, roule ! », Sébastien Barat a réussi un moment particulièrement touchant et universel tant il est sincère et réalisé avec une vraie délicatesse.

Interview de Laura Lalande, 09 février 2024
Après avoir tenu l’affiche à la comédie Nation en 2023, « Allez, Roule ! » revient en 2024 au Théo Théâtre. Rencontre avec Sébastien Barat, auteur et interprète de cette petite histoire rencontrant la grande avec tendresse.
***Laura Lalande : « Allez, roule », sans qu’il n’y soit question de poule, voilà un titre qui intrigue!
Sébastien Barat : – Il vient d’une expression de ma grand-mère qui disait « Allez, roule ! » quand elle voulait qu’on la laisse tranquille. Ca voulait dire « Ne reste pas dans mes pattes ! ». A mon tour, j’en ai fait une devise personnelle : « Allez roule », signifie aussi « File, fonce, fais ce que tu aimes, tu as peur mais avance quand même, ne te laisse pas envahir par les doutes. » Aujourd’hui, je le dis moi-même à mes enfants. Aussi, je me suis toujours dit que si j’écrivais une histoire sur mon grand-père, ce serait le titre.
***Un grand-père qui a une histoire particulière, donc…
Sébastien Barat : – En septembre 1939, la Seconde Guerre Mondiale éclate, mon grand-père est chirurgien à l’hôpital de Strasbourg. Il est envoyé en zone libre, dans le sud. Après l’Armistice, il continue à travailler même si c’est très compliqué pour les juifs et les lois anti-juifs proclamées par la France de Vichy. En novembre 1942, il se retrouve à Sète et s’enfuie. Il traverse l’Espagne avec des contrebandiers et se fait attraper. Il va rester neuf mois dans un camp de prisonniers, Miranda dans le nord de l’Espagne. Libéré à l’été 1943, il se retrouve à Casablanca, est transféré à Guelma en Algérie, puis est nommé à l’hôpital militaire de Guelma.
***Ainsi, tu as construit ce spectacle, mêlant fiction et réalité ?
Sébastien Barat : – J’avais dit à mon metteur en scène Thierry Bilisko : « Mon histoire n’a rien d’extraordinaire ». Il m’a répondu « Bien sûr que si, puisque c’est la tienne. Elle est extraordinaire, du point de vue que c’est ton héritage. » Dans le spectacle, il y a environ dix pour cent de fiction, lié aux zones d’ombre sur certains déplacements de mon grand-père. J’ai interviewé ma mère, fait des recherches historiques, puis me suis basé sur des récits et témoignages d’autres évadés. Tout au long du processus de création, cela a été une grande question : est-ce que je respecte à la lettre ce que l’on m’a raconté ? Est-ce que je change les prénoms ? Est-ce que j’adapte ? Finalement, tout est resté dans l’ordre, c’est chronologique. Tout est vrai. Sam Braun, dont je parle beaucoup dans le spectacle, a écrit un livre qui s’appelle « Personne ne m’aurait cru alors je me suis tu ». Il m’a toujours dit au sujet des camps : « Je n’ai pas envie d’écrire une seule belle ligne pour raconter cette m*rde ». Ca m’est resté. Je n’avais pas envie d’enjoliver la réalité.
***Quel a été ton parti-pris ?
Sébastien Barat : – Je ne voulais pas faire du spectaculaire, ni du triste, ni du pathos. Je suis quelqu’un d’assez joyeux, je viens du théâtre d’improvisation, je fais beaucoup de comédie. J’ai grandi avec une famille qui a beaucoup ri, bercé par l’humour juif, d’une certaine manière, et des grandes comédies. Au début de la création, je me suis demandé : « Avec quoi puis-je contrebalancer cette histoire qui pourrait être un peu lourde ? »
***C’est alors que tu as eu l’idée du petit garçon qui grandit au fur et à mesure qu’il raconte ?
Sébastien Barat : – Au fond de moi, je suis resté ce petit garçon de quatre ans qui continue de jouer au chevalier, à la princesse, et aux playmobiles dans sa tête. Je suis devenu comédien pour continuer de jouer. Ce spectacle, il dit : « Rappelez-vous de l’innocence et du plaisir que l’on avait quand on était petit pour raconter des histoires, et comme ça nous faisait oublier un peu tous les tracas du quotidien ».
***En quoi ta famille est-elle proche du spectacle ?
Sébastien Barat : – Mes parents prêtent leur voix dans le spectacle, mes sœurs aussi. Ca fait des années que je les tannais avec un projet « Allez roule », qui n’était d’ailleurs pas forcément un seul en scène au départ, mais un film, puis une bande dessinée, puis une nouvelle. Tout est parti de là. Cette nouvelle a été lue par mes parents, ma famille élargie, et beaucoup d’amis. Plusieurs personnes extérieures m’ont dit « Il faudrait faire quelque chose de cette nouvelle, on aurait envie que tu nous la raconte ». J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours encouragé, qui m’ont donné beaucoup de moyens financiers pour monter ce projet. C’est un projet familial. Je n’aurais jamais fait ce projet sans l’aval de tout le monde.
***Aujourd’hui, comment te sens-tu au plateau ?
Sébastien Barat : – Même si au départ, les souvenirs que j’évoque sont vrais, les images que j’ai aujourd’hui quand je les joue sont déjà transformées. Quand on est sur scène, tout est remâché, faux, retravaillé. Je suis très détaché. A chaque date, le visage de mon grand-père, de ma grand-mère deviennent d’autres individus. Peut-être est-ce une protection mentale inconsciente. Ma mère, qui a vu le spectacle à la création, l’a revu récemment et m’a dit : « C’est incroyable, je ne me rends même plus compte que tu parles de mes parents ». Cela veut dire qu’on a réussi à élargir vraiment, pour que tout le monde s’y retrouve. Que ça parle au plus grand nombre. Je suis content de me dire que la création était familiale, mais que maintenant… le spectacle est collectif ».